La continuité
numérique
dans l’industrie
immobilière

 

01 Une vue précise des discontinuités numériques. Depuis 12 ans, FIDJI a œuvré pour le bien commun de l’industrie immobilière en transformant la gouvernance des données immobilières et en particulier en facilitant les échanges d’informations entre les différentes catégories d’acteurs de ce secteur.
Le premier enjeu a été celui d’établir un standard d’échanges de données financières autour de l’immeuble dans le cadre de sa gestion et en particulier l’interaction entre investisseurs, asset manager, property manager et experts.

Cette première étape a produit des gains considérables tant en termes de qualité que de délai de traitement et d’efficacité pour ces données clés, échangées très régulièrement avec un fort enjeu financier. Quoi de plus naturel d’étendre cette continuité numérique à une des premières étapes de la détention de l’actif qui est la transaction initiale entre le promoteur et l’investisseur.

Lorsque la Fédération des Promoteurs Immobiliers nous a contactés, l’ensemble de l’Association Professionnelle Immobilière FIDJI s’est mobilisée pour travailler sur ce thème. Nous avons appliqué la démarche qui a fait le succès des précédents standards développés. Une approche consensuelle qui se base sur un travail de fonds avec l’ensemble des parties concernées pour faire émerger le bon niveau de pertinence opérationnelle, sans être ni trop micro ni trop macro, au service de la performance opérationnelle des acteurs concernés. Notre finalité est de produire un format ouvert construit par les utilisateurs pour le bien commun de notre filière.

Nous sommes ravis du travail réalisé ainsi que des premières briques mises en place, détaillées dans ce livre blanc. Utiliser ce type de standard, c’est avant tout un gain de temps considérable, une fiabilité accrue et cela se traduit par de réelles économies pour l’ensemble des parties.

Notre objectif est de continuer à étendre cette continuité numérique sur toute la filière, au fur et à mesure des besoins. L’Association Professionnelle Immobilière FIDJI se tient tout particulièrement à la disposition des fédérations professionnelles de l’industrie immobilière.Nous vous souhaitons une bonne lecture de ce document, pierre essentielle à la construction d’une industrie immobilière plus digitale et efficiente.

Laurent TERNISIEN
Président de l’Association Professionnelle Immobilière FIDJI

Introduction

Deux continents temporels
Si nous considérons le cycle de vie d’un immeuble, deux continents avec leur temporalité respective apparaissent très nettement : le premier est celui de la conception-construction qui est d’une durée de 2 à 5 ans maximum, et le second est celui de l’exploitation-maintenance qui est d’une durée de 50 à 150 ans selon la nature des bâtiments.Chaque continent se divise entre plusieurs pays qui sont les différentes familles de professionnels immobiliers qui interviennent tout au long du cycle de vie des bâtiments. Détaillons ces familles.

Ce sont pour le premier continent : les collectivités territoriales où le foncier est sourcé, les notaires, les banquiers, les promoteurs, mais aussi les services publics et privés d’aménagement (voirie, fluides, évacuations…), les architectes, les constructeurs avec tous les sous-traitants du second œuvre, les assureurs, etc.

En ce qui concerne le deuxième continent, les familles de professionnels immobiliers sont principalement : les investisseurs institutionnels, les experts, les acteurs du Property Management, ceux du Facility Management et puis enfin évidemment les occupants, propriétaires ou locataires, qui sont les clients finaux, les utilisateurs quotidiens des bâtiments.

La continuité numérique
Nous venons donc de positionner l’ensemble des métiers de la filière immobilière sur deux continents. Or il se trouve que l’échange d’information entre ces deux continents est problématique. De fait, on constate une rupture numérique, c’est-à-dire que le passage de témoin entre ces deux temporalités souffre de discontinuité : les informations ne passent pas ! Ce qui est dommageable pour la performance opérationnelle du cycle de vie des bâtiments.

Et comme je viens de vous parler du trou noir entre ces deux continents, il est facile maintenant de comprendre ce qu’est la continuité numérique. C’est de faire disparaitre la ou les ruptures numériques qui sont des discontinuités d’information préjudiciable au rendement économique du cycle de vie des bâtiments.

Le promoteur est un médiateur digital
Maintenant regardons plus précisément ce qui se passe à la frontière entre ces 2 continents. Que voyons-nous ? Nous observons qu’il y a bien un passage de témoin entre les promoteurs et les investisseurs, le jour exact de la livraison du bâtiment. C’est-à-dire qu’en une journée la responsabilité entière du bâtiment passe d’un continent à l’autre.

Le promoteur – acteur clé – doit développer et valoriser son rôle stratégique de « médiateur digital » en identifiant, fiabilisant et transmettant le périmètre frugal d’informations essentielles à la phase d’exploitation, sans dépendre d’un corps de métier, d’une représentation digitale (BIM) ou d’un logiciel particulier.

Ce passage de témoin entre les promoteurs et les investisseurs est le sujet de ce livre blanc, sujet qui est essentiel pour la co-construction d’une continuité numérique immobilière, performante et durable, utiles pour tous les professionnels de la filière et valorisable économiquement.

Nous sommes entrés dans un nouvel âge : la digitalisation de notre vieille industrie immobilière s’accélère et nous passons clairement d’une politique de l’intention à celle de l’action raisonnée, collective et pragmatique.

Eric DAVY

Coordinateur du groupe de travail FPI/FIDJI
02  La production d’un nouvel outil pour les faire disparaitre.
03 Un corpus précis de données fiabilisées et valorisables.
04  Un modèle économique au service d’une croissance durable.

 

SUITE : LES DISCONTINUITES NUMERIQUES